Et si on refusait la charrette en agence ?

Commençons par la petite histoire de la charrette

Au XIXe siècle en France, l’architecture était enseignée à l’École des Beaux-Arts. Dans cette école (créée en 1830 à Paris), les élèves pouvaient apprendre dans des «ateliers officiels» et dans d’autres appelés «ateliers libres».

Les étudiants devaient faire des présentations et participer à des concours plusieurs fois par an. Les jurys se déroulaient le vendredi dans une salle spécifique appelée « Melpomène ». Les étudiants devaient laisser leurs documents dans la salle avant midi, mais les ateliers libres étaient situés assez loin de la salle…
Face à cette difficulté, les étudiants ont eu l’idée de louer des charrettes pour transporter plus rapidement leurs documents jusqu’à la salle Melpomène. Et c’est ainsi qu’est née la pratique de la charrette …

Quand la charrette se pratique aussi en agence…

La charrette est toujours « populaire » dans les écoles d’architecture de nos jours. Mais c’est aussi le cas dans certaines entreprises où les stagiaires et les jeunes architectes sont plutôt contraints de le faire…
Certains d’entre eux pensent que c’est acceptable car ils l’ont pratiqué à l’école, ils veulent aider les autres employés ou être perçus par leurs supérieurs comme de bons employés…

De plus le problème est que la plupart des entreprises n’ont pas de politique claire sur la charrette… Certaines ne paient pas ce temps de travail supplémentaire, certaines le paient mais de manière injuste (considérant qu’une heure de travail de nuit équivaut à une heure du travail habituel), certains donnent des jours de repos en échange…

Ces abus sont dus en grande partie au fait que les stagiaires et les jeunes architectes sont amenés à se sentir incompétents. Certains architectes plus âgés leur disent qu’ils ne savent rien simplement parce qu’ils n’ont pas d’expérience de travail en entreprise.

Et si on refusait la charrette ?


De par mon expérience, j’ai pu constater que les charrettes répétées n’amenaient rien de bon que ce soit pendant les études ou en agence.
Au-delà des dégâts causés à notre santé mentale et physique, la charrette ne te permet pas d’acquérir le respect de tes supérieurs, loin de là.

Tout simplement parce que tu ne peux contrôler les opinions des autres à propos de tes actes. En te voyant souvent rester travailler tard, certains penseront que tu es investi(e), d’autres que tu es inefficace, d’autres que tu le fais uniquement pour te faire bien voir, ou encore que tu es trop gentil(le).

Alors que tu sois déjà embauché(e) ou à la recherche d’un emploi, je t’invite d’ores et déjà à poser tes limites en termes de temps de travail pour ensuite en informer tes collègues.

Tu peux choisir par exemple de ne pas faire d’heures supplémentaires le jeudi soir car tu as ton cours de piano.
De ne pas venir travailler le week end car il est important pour toi de voir tes amis et ta famille.
De ne pas rester travailler après minuit car tu sais que tu ne résistes pas à la fatigue…

Le tout est de trouver un juste équilibre entre le temps nécessaire à ton épanouissement personnel, ta contribution au développement de l’agence et ton apprentissage de l’architecture.

Ce n’est pas le nombre d’heures passées à l’agence qui te permettront d’obtenir la reconnaissance et d’évoluer dans ta carrière mais plutôt le ratio entre temps travaillé et résultats obtenus et la façon dont tu communiques tes résultats à tes collègues et supérieurs.

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